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La K-League entre deux eaux

Par Stéphane Mot | vendredi 1er février 2008 | 15h40

Quelques motifs de satisfaction, quelques nuages à l’horizon.

La K-League vaut sans doute mieux que sa 54e place au classement des championnats nationaux de l’IFFHS : qu’elle passe derrière la J-League victorieuse de l’AFC Champions League se comprend aisément, mais qu’elle figure 15 rangs derrière la S-League de Singapour absente de cette prestigieuse compétition situe le niveau de crédibilité de l’International Federation of Football History and Statistics.

Malgré tout, le plus ancien des championnats pros d’Asie peine à décoller et mérite un classement médiocre. Et il peut trouver dans la saison passée les raisons d’espérer comme les raisons de craindre des lendemains qui déchantent.

Au rayon des bonnes nouvelles, l’architecture du foot de clubs semble enfin en place avec la K-League au sommet, la K2 rebaptisée National League bien installée, et la K3 League complétant le paysage en lui donnant la profondeur qui lui manquait. La Coupe de la Ligue s’est simplifiée et le Championnat a abandonné le système de demi-saisons pour clarifier la lecture du classement, preuve de maturité et de solidité pour une compétition au premier quart de siècle pour le moins agité. Les grands clubs confirment leur pérennité au plus haut niveau et les play offs restent suffisamment ouverts au suspense voire aux surprises de fin de saison.

Avec plus de deux millions de spectateurs (un peu moins de 12.000 par match), la ligue figure au 15e rang mondial, mais l’élite s’avère peu resserrée avec un rapport de 5 entre les 25.200 de moyenne de Suwon et les 5.000 de Busan. De plus, le public se mobilise essentiellement pour les grandes affiches, et trop de matchs sonnent creux. Mais les locomotives sont bien là avec derrière les Bluewings le FC Seoul à 21.500 de moyenne puis un trio de métropoles entre 14 et 16.000 (Incheon, Daegu et Daejeon). Par ailleurs, la venue de Ahn à Busan pourrait bien contribuer à changer la donne au Sud : Jeju et Pohang sont avant derniers au classement des fréquentations et la K-League gagnerait à rééquilibrer sa "démographie".

Sur le plan international, la K-League confirme sa tendance à l’ouverture avec trois techniciens brésiliens et une forte représentation de joueurs étrangers. Mais la diversité et la qualité ne sont pas vraiment au rendez vous, avec une majorité de seconds choix en provenance du Brésil et d’Europe de l’Est.

Le classement des buteurs est d’ailleurs trusté par des Brésiliens et Serbes, le premier Coréen (Lee Keun-ho) pointant au 8e rang avec 8 misérables buts. A l’instar du Championnat de France des années 70-80, la K-League pourrait bien tarir la source d’attaquants de qualité pour la sélection nationale.

La K-League commence d’ailleurs à trouver sa place dans des media jusqu’ici focalisés sur les guerriers taeguks et les stars exportées en Premier League. Il reste à donner envie au grand public d’aller voir un match de clubs et d’afficher son attachement à sa ville. Au-delà des gros sponsors habituels, les politiques doivent jouer le jeu pour transformer l’essai.

Ce bilan mi figue mi raisin laisse apparaître des points faibles d’hier moins criards, et des points forts moins saillants. La sauce semble enfin prendre, mais le risque serait de trop niveler les valeurs au moment où les ligues asiatiques montent en puissance, en extrême orient comme au moyen orient. Au risque de réduire le suspense, la K-League a peut-être intérêt à renforcer ses locomotives pour augmenter leur visibilité au niveau international.


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