Corée du Sud - Bahreïn : 1 - 2 (MT : 1 - 1).
2ème journée de la phase de poules de la Coupe d’Asie
Date : Dimanche 15 juillet 2007 à 20h35
Stade : Stade National Gelora Bung Karno, Jakarta, Indonésie
Affluence : 9 000 spectateurs
Buts marqués : KIM Do-Heon (4’) pour la Corée - Salman Isa (43’) et Ismaeel Abdullatif (85’) pour Bahreïn.
Avertissements : Sayed Mohamed (27’) pour Bahreïn et Lee Chun-Soo (56’) pour la Corée.
Expulsion : Aucune
Arbitre : SUN Baojie (CH)
Corée du Sud
Entraîneur : Pim VERBEEK (PB)
Gardien de but
LEE Woon-Jae (cap)
Défenseurs
SONG Chung-Guk
KIM Jin-Kyu
KANG Min-Soo
KIM Dong-Jin
Milieux de terrain
KIM Sang-Sik
LEE Ho
(Kim Jung-woo, 68’)
KIM Do-Heon
Attaquants
LEE Chun-Soo
(Woo Sung-yong, 76’)
YEOM Ki-Hun
LEE Dong-Guk
(Cho Jae-jin, 66’)
Bahreïn
Entraîneur : Milan MACALA (TCH)
Gardien de but
Abdulrahman Abdulkarim
Défenseurs
Mohamed Husain
Abdulla Marzooq
Sayed Mohamed
Salman Isa
(Mahmoud Abdulrahman, 78’)
Milieux de terrain
Mohamed Hubail
Fawzi Ayesh
Sayed Mahmood Jalal
Rashed Al Dosari
Attaquants
Ismaeel Abdullatif
(Mohamed Salmeen, 87’)
A’ala Hubail
(Talal Yusuf, 46’)
Les Joueurs
LEE Woon-Jae 5
SONG Chung-Guk 4
KIM Jin-Kyu 3
KANG Min-Soo 3
KIM Dong-Jin 4
KIM Sang-Sik 5
Lee Ho 4
(KIM Jung-Woo 5)
KIM Do-Heon 6
LEE Chun-Soo 6
(WOO Sung-Yong 4)
YEOM Ki-Hun 4
LEE Dong-Guk 5
(CHO Jae-Jin 4)
Note du Match
4/10
Les Guerriers Taeguk n’auront pas su assumer concrètement leur statut de favori lors de leur confrontation au Bahreïn, le surprenant quatrième de l’édition 2004 de la compétition. Les Reds du Golfe ont en effet frappé un grand coup en s’imposant pour la première fois de leur courte histoire footbalistique face à l’un des géants continentaux : la Corée du Sud. Cette défaite fait suite de façon inattendue à une phase de préparation menée avec brio et facilitée par les Coréens et un nul honorable contre les Fils du Désert lors de la première journée de la Coupe d‘Asie.
Ouvrir la marque et trouver le chemin des filets adverses dès les premières minutes de jeu par l’intermédiaire de Kim Do-Heon n’aura pas permis aux joueurs de Pim Verbeek d’assurer la victoire. Tout au contraire, ce sont les Bahreïnis qui ont réussi à trouver dans leur collectif suffisamment de ressources pour créer un véritable électrochoc et briser l’enthousiasme des supporters ayant fait le voyage depuis le pays du matin calme jusqu’en Indonésie pour encourager leur équipe. Perdre 2 à 1 dans de telles circonstances constitue une cruelle désillusion pour la Corée. L’équipe deux fois championne d’Asie peut craindre de voir ressurgir les spectres d’une période de doute profond qui avait débuté en 2006 à Séoul, au cours d’un match comptant pour les éliminatoires de la compétition actuelle durant lequel les Coréens avaient du partager les points avec l’Iran en toute fin de match suite à une bourde de la défense centrale (score finale 1-1).
Tout laissait présager à une belle prestation de la part des Guerriers au maillot frappé du Tigre. Les très attendus Lee Chun-Soo et Lee Dong-Guk étaient de retour en attaque. Dans l‘entre jeu, Kim Do-Heon était lui aussi titularisé pour apporter plus de dynamisme et plus de soutien direct au secteur offensif. La seule ombre au tableau était alors la blessure du récupérateur de Seongnam Son Dae-Ho, remplacé par le jeune Lee Ho. Alignés au sein de leur 4-3-3 de prédilection, il était en effet difficile d’envisager l’ampleur du manque de construction et de l’absence de créativité qui aillait affecter le jeu des Coréens. Le coach hollandais des Guerriers Taeguk s’était d’ailleurs même accordé le luxe réaliser un important turn-over en défense, en préférant le vétéran de 2002 Song Chung-Guk au tout jeune latéral de Pohang Oh Beom-Seok et en laissant Kim Chi-Woo au repos à gauche, au profit de Kim Dong-Jin, déjà titulaire à cette position au cours de la Coupe du Monde 2006. Mais c’est justement cette gestion de l’équipe et de sa stratégie qui peut laisser perplexe le plus fervent des supporters à l’issue de la rencontre. Pourquoi en effet avoir choisi de renouveler le onze de départ dès le 2e match du tournoi alors qu‘aucun résultat ne garantissait l‘avenir de la sélection ? Si Pim Verbeek explique son attitude par la volonté de laisser un peu de répit à ses joueurs avant la phase des play-offs, il n’en aurait pas moins été logique de miser sur les titulaires les plus à même de mener l’équipe à une victoire sans bavure.
En effet, hormis 10 premières minutes séduisantes au cours desquelles les Coréens se sont montrés en mesure de mettre le feu aux poudres de la défense adverse, force est de constater que l’équipe a donné l’impression d’être embourbée dans des difficultés collectives inextricables qui allaient conduire à sa perte. Cette bombe à retardement stratégique a fait ses effets dès le milieu de la première période, quand les attaques coréennes se sont heurtés à un manque de réalisme frappant. Une fois passée l’euphorie d’une ouverture du score précoce, il est devenu de plus en plus difficile aux Guerriers Taeguk d’aller de l’avant avec réussite. Seuls de longues balles venaient flirter avec des attaquants esseulés et mal accompagnés par le milieux de terrain. Le travail des joueurs de l’entre jeu et des défenseurs n’a pas été glorieux. Alors que les premiers se contentaient de passes en retraits flasques vers une dernière ligne trop peu rassurante, les arrières n’ont opté qu’en faveur d’un court-circuit organisé des lignes de jeu. Dans ces conditions, il est donc facile d’imaginer que l’équipe bahreïni, regroupé dans sa moitié de terrain, avait la tâche facile et pouvait se contenter de barrer le passage à un Lee Chun-Soo trop spontanément sollicité par ses coéquipiers. L’ailier d’Ulsan apparaissait sans doute comme la solution individuelle pouvant mener à une balle de but. Le syndrome d’une domination stérile a une fois de plus sclérosé la Corée du Sud. Finalement, la maladresse des joueurs à vocation défensive a fait couler le navire Corée. Il est déconcertant de voir comment une faute anodine dans le rond central a pu conduire à l’égalisation à cause d’une erreur de marquage flagrante sur le buteur. La seconde mi-temps est encore plus lente que la première malgré une volonté de retrouver l’avantage au tableau d’affichage des Coréens. Cette fuite en avant a d’ailleurs coûté cher car elle a laissé la défense exposée aux avant centres bahreïnis rodant aux abords de la surface de réparation. Une erreur défensive majeure crucifie définitivement les coéquipiers de Lee Woon-Jae lorsque Abdul Rahman Mahmood intercepte une passe en retrait hasardeuse et lance un contre qui offre la victoire à son équipe.
Une entrée en matière convaincante
Les Guerriers Taeguk commencent fort la rencontre. La première action offensive se conclut en effet par un but habile de Kim Do-Heon. Le canonnier Lee Chun-Soo frappe un coup franc bien placé à l’entrée de la surface de réparation voit son tir repoussé par la défense bahreïni avant d’envoyer un deuxième centre dans la boîte qui trouve finalement le milieu de Seongnam qui inscrit le premier but de la rencontre d’une reprise de volée croisée du droit (4’).
Pris de court par cette réalisation , les Bahreïnis se replient dans leur camps et laissent leurs deux attaquants en proie à la défense sud-coréenne visiblement mal à l’aise. Le pressing des protégés de Pim Verbeek met la défense du Bahreïn au dépourvu, comme en témoigne un contre favorable à Lee Chun-Soo qui peut filer seul vers le but adverse avant d’être encerclé par le retour de la dernière ligne des Reds (9’). La réaction de la bande à Milan Macala se fait toutefois ressentir quand Mohamed Hubail laissé libre de tout marquage par Kim Dong-Jin envoie un centre que A’ala Hubail aurait pu dévier dans les buts de Lee Woon-Jae s’il n’avait pas été contré au dernier moment par Kang Min-Soo. Les opportunités d’accroître l’avantage au tableau d’affichage s’accumulent côté coréen. Yeom Ki-Hun lancé sur son côté gauche renverse le jeu en trouvant Kim Sang-Sik au bord de la surface de réparation. Le récupérateur peut alors centrer en direction de Lee Dong-Guk qui rate le cadre par manque de précision (18’).
Les Coréens piétinent, puis s’effondrent
Cependant l’envie d’aller de l’avant des joueurs du pays du matin calme s’estompe peu à peu. Les offensives des Sud-coréens sont handicapées par un irréalisme cruel face aux buts. C’est le dernier geste, la finition qui manquent aux quarts de finaliste de 2004 pour forcer la décision. Lee Chun-Soo, décalé sur la droite par une longue transversale de Kim Jin-Kyu, parvient à se frayer un chemin à travers la défense bahreïni, mais son centre à ras de terre en direction de Lee Dong-Guk est dévié en corner de peu (29’). Yeom Ki-Hun tente alors un autre débordement, lancé par le meneur Kim Do-Heon, mais encore une fois, son centre ne parvient pas au pivot coréen Lee Dong-Guk trop avancé dans la surface pour s’emparer du ballon qui file derrière lui (37’). La rencontre bascule ensuite de façon inattendue à la 43e minute lorsque Lee Dong-Guk commet une faut à hauteur du rond central. Cet incident apparemment anodin conduit de fait à l’égalisation du Bahreïn. Le défenseur Abdulhah Marzooqi tire fort en direction de Salman Ali qui contrôle la balle en pleine course avant d’envoyer une frappe puissante dans les filets du capitaine coréen Lee Woon-Jae, profitant pleinement d’une grave erreur de marquage de Lee Ho.
Au retour des vestiaires, les Guerriers Taeguk se jettent à l’attaque pour arracher le but de la victoire. Mais c’est sans compter sur leur manque de réussite persistant qui frappe Lee Dong-Guk de plein fouet qui rate in extremis une kyrielle d‘occasions dangereuses.
Deux minutes après le début de la seconde période, le tir de l’attaquant de Middlesbrough finit sa course quelques centimètres hors du cadre, avant qu’une autre tentative croisée faisant suit à un contre de l’avant centre ne meure en sortie de but après être passé dangereusement passée devant les cages d’Abdul Rahman Ahmed (53’). Mais l’échec le plus emblématique de la soirée intervient quand Lee Dong-Guk, après s’être défait du gardien bahreïni en dribblant ne parvient pas envoyer la balle au fond des filets. Ayant trop attendu avant de précipiter son tir vers le but du Bahreïn, Lee voit en effet son tir être repoussé par Sayed Husain. Le ballon vient échouer dans les pieds de Kim Do-Heon, idéalement placé dans l’axe face aux buts vides, mais son tir est également contré par Rashed Al Doseri (55‘). Ce n’est que partie remise pour la défense du Bahreïn qui doit encore une fois subir une infiltration de Lee Chun-Soo dont la frappe depuis une position idéale dans la surface est impeccablement arrêtée par Abdul Rahman Ahmed (60’). Épuisés moralement et physiquement, les Coréens sont poussés à bout aussi bien par la résistance inattendue des Bahreïnis que par leur attitude, tout particulièrement lorsque le gardien Ahmed change de paire de gants pendant plus de trois minutes sous le regard exaspéré de l’arbitre (64’). Toujours portés vers l’avant, et déconcentrés par leur domination sans partage de la balle, les défenseurs sud-coréens relâchent funestement leur attention, ce qui permet à Abdul Rahman Mahmood de s’emparer d’une passe en retrait imprécise de Kim Jung-Woo.
Le remplaçant entré quelques minutes auparavant trouve facilement son coéquipier Ismaeel Hasan qui ne manque pas d‘offrir la victoire à son équipe de son pied droit (83’).
C’est donc une victoire audacieuse qui permet aux hommes de Milan Macala de se relancer dans la course aux quarts de finales en décrochant trois points de la plus grande importance, puisqu’ils constituent les trois premiers points gagnés par le Bahreïn qui avait été mis en déroute par l’Indonésie sur le score de 2 buts à 0 au cours de la 1ère journée. En revanche, la défaite contraint les Coréens à vaincre les hôtes indonésiens avec au moins deux buts d’écart pour s’assurer une place dans la dernière phase de la compétition. En outre, une telle défaite laisse a sans doute affecté mentalement les joueurs coréens, ce qui risquent de rendre leur mission encore plus difficile contre une équipe d’Indonésie qui ne jouera pas moins que la victoire sur sa pelouse.






