Corée du Sud - Cameroun : 1 - 1 (MT : 0 - 0).
1er match, groupe D - J.O Pékin 2008
Date : Jeudi 7 août 2008 à 20h45
Stade : Stade du Centre Sportif Olympique de Qinhuangdao
Affluence : 21943 spectateurs
Buts marqués : PARK Chu-Young (67’) pour la Corée - Georges MANDJECK (81’) pour le Cameroun.
Avertissements : KIM Jin-Kyu (57’) pour la Corée.
Expulsion : Albert Baning (91’) pour le Cameroun.
Arbitre : Jair MARRUFO (E-U).
Corée du Sud
Entraîneur : PARK Sung-Hwa
Gardien de but
JUNG Sung-Ryung
Défenseurs
SHIN Kwang-Hoon
KANG Min-Soo
KIM Jin-Kyu (cap.)
KIM Dong-Jin
Milieux de terrain
LEE Chung-Yong
KI Sung-Yong
(OH Jang-Eun, 84’)
KIM Jung-Woo
BAEK Ji-Hoon
(SHIN Young-Rok, 46’)
Attaquants
PARK Chu-Young
LEE Keun-Ho
Cameroun
Entraîneur : Martin NTDOUNGOU
Gardien de but
Amour Tignyemb (cap.)
Défenseurs
Paul BEBEY
Alexis ENAM
Antonio GHOMSI
André BIKEY
Milieux de terrain
Alain OLLE
(Georges MANDJECK, 64’)
Stéphane MBIA
Albert BANING
Aurélien CHEDJOU
(Franck SONGOO, 75’)
Attaquants
Serge NGAL
(Marc MBOUA, 80’)
Gustave BEBBE
Les joueurs sud-coréens ont vu les trois points du premier de leurs matchs du tournoi olympique leur filer sous le nez. Malgré une sérénité tactique affichée et une aisance technique certaine, le pressing camerounais a finalement eu raison des remparts défensifs coréens, parvenant ainsi à sauver les meubles en fin de seconde période.
C’est donc sur un score nul, et peu satisfaisant pour les deux équipes que la partie s’est achevée. L’enjeu de cette première rencontre était de taille aussi bien pour les Lions que les hommes au maillot frappé du tigre. Une victoire sur la pelouse du stade du centre sportif de Qinhuangdao constituait un premier pas vers les quarts de finale. En abattant son adversaire d’emblée, la formation sorti victorieuse de ce premier choc aurait été en droit d’espérer suivre l’Italie, la plus grosse écurie du groupe sur le papier, à condition de disposer par la suite du modeste Honduras.
Il n’en a rien été cependant, et alors que chacune des deux équipes aurait pu emporter la décision finale, c’est au partage des points qu’a abouti cette altercation tendue mais alléchante. La République de Corée n’a pas été en mesure de concrétiser sa domination tout comme le Cameroun n’a pas su jouer avec ses qualités pendant les quatre vingt dix minutes du match.

Concrétiser, c’est à dire marquer, c’est en effet l’inconnue de l’équation que les Guerriers Taeguk n’ont pas su résoudre. La pointe des Bluewings Shin Young-Rok a déploré ce manque de tact offensif : « Nous sommes un peu déçus d’avoir créé autant d’occasions et de n’en avoir concrétisé qu’une. En tant qu’attaquant, je fais toujours mon possible pour marquer. Donc je suis un peu déçu du résultat ».
Dès lors, force est de constater que la Corée du Sud sort la plus oppressée de cette confrontation. Pour les Coréens plus que pour les champions olympiques de 2000 en effet, il était capital d’engranger trois points et de la confiance avant d’affronter des Azzurini qui chercheront à assurer leur place au soleil dès le 9 août plutôt que de risquer une mauvaise surprise face au Cameroun à l’occasion de leur dernier match de poule.
Les deux protagonistes se sont coupé l’herbe sous le pied, offrant à tour de rôle aux spectateurs qui comblaient les tribunes du stade un duel intense et un spectacle relâché.
On ne peut de fait pas reprocher aux Guerriers Taeguk d’être partis en Chine la fleur au fusil. A l’instar de Kim Dong-Jin qui avait déclaré vouloir « faire comme à la Coupe du monde » et vaincre l’équipe africaine qui a été désigné comme le premier adversaire des Sud-coréens (cf Corée du Sud – Togo 2-1, Allemagne 2006), les protégés de Park Sung-Hwa partaient pour gagner. Cette fois-ci cependant, et malgré l’expérience des Jeux d’Athènes des Kim Dong-Jin et Kim Jung-Woo, les Coréens ont du se contenter d’un seul point.
Les équipes camerounaise et coréenne se sont neutralisées dans le jeu et il y a en réalité peu de reproches à faire quant à leur gestion de la rencontre. Le coach sud-coréen Park Sung-Hwa a maintenu sa confiance en le schéma en 4-4-2 qu’il a éprouvé avec succès depuis le début de l’année 2008. Aucune surprise à signaler en ce qui concerne le onze de départ sud-coréen si ce n’est la titularisation de Baek Ji-Hoon sur le flanc gauche, à la place du meneur de jeu de Gwangju Kim Seung-Yong. Kim se remet tout juste d’une blessure contractée au cours des matchs de préparations, et l’encadrement aura préféré le ménager pour la suite des hostilités. Les Camerounais étaient eux au complet et le sélectionneur Martin Ndtoungou a lancé ses meilleures troupes dans la bataille.
Si l’organisation collective et la domination technique spontanée des Coréens a failli faire tomber la forteresse africaine, la puissance physique et la volonté de fer des lignes camerounaises a mis mal à l’aise le banc asiatique.
Park Sung-Hwa, qui s’est peut être trop assis sur les observations de sa victoire face à la Côte d’ivoire en match amical (2-1) a fait part aux journalistes de sa frustration, son équipe étant passé tout près des trois points. Mais c’est surtout le constat d’un adversaire coriace qui ressort de la déclaration d’après match du stratège sud-coréen : « Nous étions parfaitement préparés pour ce match, mais le Cameroun nous a surpris en jouant autrement. C’est une équipe très puissante et c’est dommage que nous n’ayons pas pu gagner ».
Côté camerounais, on est soulagé de ne pas être tombé dans le piège tendu par les coéquipiers de Park Chu-Young, à l’instar d’un Martin Ndtoungou. Faute de pouvoir saluer le beau jeu de son équipe, le sélectionneur du Cameroun s’est félicité de la combativité et les ressources mentales de ses poulains, tout en pointant du doigt le manque de préparation de son groupe qu’il a estimé trop tendre et mal adapté aux conditions climatiques de l’été chinois : « Les remplacements nous ont aidés à bien finir, parce que les joueurs ont vraiment beaucoup souffert de l’humidité. La fraîcheur des remplaçants nous a donné l’énergie nécessaire pour aller de l’avant et presser nos adversaires ».
Au coup de sifflet d’envoi, les deux équipes se sont montrées volontaires et se dirigeaient spontanément vers les buts adverses. Lee Keun-Ho était le premier à se faire remarquer en faisant frissonner les stoppeurs camerounais avec une frappe trop fébrile pour inquiéter sérieusement le capitaine des Lions (7’). Serge Ngal a apporté quelques instants plus tard le danger dans la surface de réparation de Jung Sung-Ryung mais manquait le coche de quelques centimètres (12’).
De ces premières tentatives s’en est suivi une guerre de position sévère qui a failli s’avérer payante pour Stéphane Mbia qui n’a pas su ajuster suffisamment son pied droit pour voir la balle rouler au fond des filets sud-coréens (20’).
Au retour des vestiaires, l’initiative appartient presque exclusivement aux Guerriers Taeguk. Rentré en jeu dès le début de la seconde période, Shin Young-Rok a été pour beaucoup dans l’augmentation de la force de percussion des siens. Réorientés dans le 4-3-3 qui les a qualifiés pour les Jeux, les Coréens ont enchaînés les occasions dangereuses sans pour autant dérouler.

Bien servi par Shin, l’attaquant vedette du F.C Séoul Park Chu-Young a vu son coup de tête manquer le cadre d’un rien (47’). Malgré plusieurs autres occasions avortées par la défense camerounaise, Park n’a rien lâché pour finalement déjouer le blocus des Africains sur coup de pied arrêté. Décalé à gauche par rapport à l’axe du but de Amour Tignyemb, Park Chu-Young a botté un coup franc direct limpide qui n’a rien trouvé sur son passage - y compris la jambe de Kim Dong-Jin qui s’est jeté - pour terminer sa course dans les cages adverses (68’), inscrivant ainsi son deuxième coup franc de l’année en terre chinoise (cf Corée du Sud – Chine 3-2).

C’était sans compter sur la valeur morale des Camerounais. Revitalisés en l’espace d’un quart d’heure par les rentrées de Georges Mandjeck, Frank Songoo et Marc Mboua, les Lions arrachent le but de l’égalisation à la suite d’une action rondement menée (81’). Trouvé à sept mètres du but du portier de Seongnam par un geste ingénieux de Gustave Bebbe, Mandjeck n’a eu qu’à décaler le ballon à bout portant en direction des cages pour permettre aux siens de recoller au score.
La partie s’est finalement achevée après l’expulsion du parisien Albert Baning dans le temps additionnel.
Les conclusions sont multiples pour Park Sung-Hwa. Dans un premier lieu, il doit lui être relativement inquiétant de constater que son équipe peine à marquer en dehors des coups de pied arrêtés. Sur les six derniers buts inscrits par la Corée du Sud, deux l’ont été sur corner et un sur coup franc, ce qui est plus que les deux buts marqués sur des actions construites (et le but du portier Jung Sung-Ryung mis à part).
Or, la défense italienne, déjà rompue au rythme de la Serie A commettra sûrement peu de fautes en situation dangereuse, tout comme elle s’appliquera à laisser très peu d’espace à ses opposants à l’intérieur de la surface de but. Les Guerriers Taeguk devront donc faire mieux, sinon beaucoup mieux pour espérer inquiéter le stratège Casiraghi. Ils peuvent d’ores et déjà s’inspirer de la lucidité de leur coéquipier Shin Young-Rok et se préparer à lutter pour « mieux jouer lors du prochain match ».
Les observateurs du football sud-coréen pourront néanmoins compter sur un entre jeu de choc. Celui-ci a les moyens de mettre à mal le milieu de terrain italien qui a souvent fait preuve d’un style trop naïf dans la gestion de ses matchs. Le palermitain Antonio Nocerino, capitaine de la sélection olympique italienne sort en effet d’une saison largement décevante avec la Vieille dame, ayant pâti de son attitude trop emportée balle au pied alors que Luca Cigarini a du endurer l’effondrement du club parmesan au cours d’une saison éprouvante. Reste à savoir si le moteur du milieu de terrain italien, Riccardo Montolivo sera à même de donner du baume à l’envie de ses camarades.
Une chose n’en est pas moins sûre, l’Italie aura les moyens de faire plier la défense du capitaine Kim Jin-Kyu en la personne de Sebastian Giovinco. Déjà auteur d’un but remarquable contre le Honduras, le petit prodige du football cisalpin n’en finit pas d’impressionner par sa ténacité et sa polyvalence en attaque. Robert Acquafresca, qui compte déjà comme l’un des meilleurs buteur du championat italien apportera également son lot de frissons à ses vis à vis.
Les Azzurini ne sont toutefois pas irrésistibles, malgré les pronostics de podium qu’ils suscitent parfois. Leur victoire face au Honduras (Italie – Honduras 3-0) a principalement reposé sur l’envie et la grande forme du duo Giovinco - Montolivo.
Bref, Park Sung-Hwa l’a bien compris, après un départ timide mais convenable contre le Cameroun, il sera nécessaire de « tout donner contre l’Italie ».





