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Onze Guerriers en herbe

Par Jérémy Salgues | mardi 28 novembre 2006 | 02h43

Onze talents, onze guerriers de demain. A l’aube des Jeux Asiatiques de Doha, au Qatar, Footcoreen.com vous fait découvrir, ou redécouvrir, onze jeunes joueurs sud-coréens qui ont tout pour réussir.

Cette équipe aurait au moins le mérite de remporter la palme de l’originalité. A la veille de l’entrée en piste des Guerriers Taeguk aux Jeux Asiatiques de Doha, Footcoreen.com s’est amusé à composer son onze de départ pour cette compétition qui battra son plein pendant presque 15 jours. Près de deux semaines de football qui lèveront le voile sur les espoirs d’aujourd’hui et les promesses de demain. La Corée du Sud nourrit de grandes ambitions. Chez Pim Verbeek et ses 21 protégés, l’or est l’objet de toutes les convoitises. Et sur le papier, nous dirons que le Pays du Matin calme a beaucoup d’arguments à faire valoir. Mais trêve de grands raisonnements et de démonstrations ! Place à onze jeunes talents qui feront notre fierté future.


Kim Young-kwang, la relève

Longtemps gardien titulaire des Espoirs de la Corée du Sud, Kim Young-kwang est aujourd’hui l’un des portiers les plus doués de son pays. Avec sa carrure imposante et son mètre 85, il protège avec brio les cages des Chunnam Dragons dans le championnat sud-coréen, un club dans lequel il a fait toutes ses classes. Habitué du banc de touche en 2002, ce n’est que l’année suivante qu’il parviendra à percer. Il dispute alors le Championnat du Monde Juniors de la FIFA aux Emirats Arabes Unis, un souvenir qui reste encore douloureux dans la mémoire du jeune gardien de 23 ans. La Corée du Sud avait été éliminée dans les prolongations d’un huitième de finale contre le rival japonais. Depuis, Kim a pris de l’importance. En club, notamment, où il s’est imposé comme le choix numéro 1 de son entraîneur malgré son jeune âge. En sélection A, ensuite, où la rivalité est extrêment farouche. Faire tomber un monument tel que Lee Woon-jae, héros du Mondial 2002, n’est pas chose facile, mais se mesurer à Kim Yong-dae, le colossal gardien de Seongnam, n’est pas de tout repos non plus. Young-kwang attirera l’oeil de Dick Advocaat, alors sélectionneur de la République de Corée en 2005. L’entraîneur hollandais l’inclura dans son groupe pour la Coupe du Monde 2006 en Allemagne. Même s’il n’a pas pu fouler la pelouse des stades allemands, Young-kwang sait que son tour viendra. La nomination de Pim Verbeek au poste de sélectionneur national sera le point de départ de sa carrière internationale. De la simple figuration de remplaçant, Kim se retrouve propulsé aux premiers rôles. Ses premiers pas en tant que gardien titulaire chez les A n’ont pas toujours été convaincants, mais le portier de Chunnam a la chance de prouver au Qatar que sa subite ascension n’aura rien d’un feu de paille.


Oh Bum-seok, l’homme à tout faire

Oh Bum-seok est l’un des joueurs les plus polyvalents de ce groupe. Intelligent et technique, il peut aussi bien évoluer en défense qu’en milieu de terrain. Lorsqu’il débute sa carrière professionnelle en 2003, il est bien loin de s’imaginer l’ampleur qu’il prendrait dans l’effectif des Pohang Steelers. Gratifié de seulement quelques minutes de jeu lors de sa première saison, il sera plongé dans le bain de la K-League dès l’année suivante. En constante progression, il va peu à peu émerger comme un titulaire indiscutable à Pohang. La saison 2006 est son meilleur cru. Solide à l’arrière, précieux dans la construction du jeu, Oh parvient même à marquer. Vingt-deux ans tout rond et encore plein d’avenir, il est prédisposé à vivre de grands rendez-vous. Cette année, il a porté le maillot frappé du Tigre pour la première fois. Pour lui, un seul objectif : se montrer à la hauteur.


Kim Jin-kyu, le mauvais garçon

A première vue, Kim Jin-kyu a tout de l’élève modèle. Depuis sa période de lycéen, il a passé avec succès tous les échelons de l’équipe nationale. En 2003, il quitte le petit collectif du lycée Andong et s’engage en faveur de l’équipe professionnelle des Chunnam Dragons. Défenseur central au potentiel énorme, il va participer à deux Championnats du Monde Juniors de la FIFA, aux Emirats Arabes Unis en 2003, puis aux Pays-Bas en 2005. C’est d’ailleurs en 2005 qu’il émigre au Japon et se trouve une place de choix dans la charnière centrale du Jubilo Iwata, en première division nippone. Entre-temps, Kim a porté à plusieurs reprises le maillot des séniors et disputé la Coupe d’Asie des Nations 2004, en Chine. Même s’il chauffe plus le banc qu’il ne joue en sélection, il n’en reste pas moins, à 21 ans, un joueur plein de promesses. Après tant de louanges, Jin-kyu serait l’archétype de l’ange s’il n’y avait pas quelques ombres à son tableau. En effet, il a souvent fait les frais de son caractère explosif et de ses soudaines sautes d’humeur dans le championnat japonais et sur la scène internationale. Kim se laisse rarement marcher sur les pieds et il n’est jamais à court de provocations devant l’adversaire. Grand et puissant, dôté d’une frappe hors du commun, il ne lâche jamais les attaquants d’une semelle.


Kim Dong-jin, un patron en devenir

A 24 ans, Kim Dong-jin est actuellement une figure incontournable de la défense sud-coréenne. Naturellement gaucher, il débute en 2000 sa carrière professionnelle au Anyang LG, qui deviendra quatre ans plus tard le FC Séoul. Agé alors de 18 ans, il sera tout d’abord affecté en milieu de terrain. Il connaîtra sa première sélection en équipe nationale en 2003 et ses percées dans le couloir gauche ont souvent été décisives. Tout le monde retiendra son but fantastique en 2004, à l’occasion d’une victoire de la République de Corée sur l’Allemagne, 3-1 en amical. La même année, il a disputé les quatre matches de son équipe aux Jeux Olympiques d’Athènes et confirmé ses talents de buteur contre le pays organisateur, tenu en échec (2-2). L’arrivée de Dick Advocaat à la tête de la Corée du Sud sera un tournant dans sa jeune carrière. Séduit par sa détermination, le Néerlandais le titularisera dans presque chacune des rencontres internationales et ce, jusqu’à la Coupe du Monde en Allemagne. Après la nomination de Pim Verbeek à sa succession, Advocaat invite Kim à le suivre au Zénith Saint-Pétersbourg, en Russie. En raison des faiblesses de l’équipe nationale dans la défense centrale, il sera intégré à la charnière en sélection. Ce n’est certes pas un spécialiste de ce genre de rôle, mais malgré les critiques régulières de la presse, Pim Verbeek insiste pour l’assigner à cette tâche. Ses progrès n’ont pas toujours été flagrants, mais Dong-jin est un acharné du travail et n’abandonnera jamais. Ces Jeux sont l’occasion pour lui de remonter dans l’estime de tous.


Lee Ho, le mal aimé

Lee Ho a débuté sa carrière professionnelle de footballeur à 19 ans. Dès ses premières foulées au Ulsan Hyundai en 2003, il sera immédiatement repéré par le staff de la sélection Espoirs. Milieu récupérateur talentueux, Lee Ho possède une assurance déroutante pour son jeune âge, ce qui lui vaudra de prendre une dimension particulière au sein de la formation de Kim Jung-nam. Associé à Kim Jung-woo en milieu de terrain, Lee Ho ressort comme un joueur clé dans l’effectif des Tigres et sera, à 21 ans, sacré champion de Corée du Sud avec Ulsan en 2005. La même année, il est appelé chez les A par le nouveau sélectionneur Dick Advocaat. Emballé, l’entraîneur néerlandais lui fera intimement confiance et l’alignera d’entrée lors des matches de poules à la Coupe du Monde en Allemagne. Après le Mondial, Advocaat l’enrôle au Zénith Saint-Pétersbourg où il joue régulièrement dans le championnat russe, aux côtés de son compagnon de route Kim Dong-jin. Initialement positionné à droite en milieu de terrain, il a récemment été replacé sur l’aile gauche au Zénith. Parallèlement, sa carrière en sélection décolle puisqu’il est convoqué à chaque match de l’équipe nationale par le nouvel homme fort de la Corée du Sud, Pim Verbeek. A contrario, sa côte de popularité parmi les fans est loin d’être parfaite. Lee Ho n’a pas que des amis chez les supporters des Guerriers Taeguk. En cause : son jeune âge et ses erreurs liées à son inexpérience, mais surtout, on ne lui a jamais vraiment pardonné sa maladresse lors du match de Coupe du Monde contre la Suisse à Hanovre. Une gaffe qui a mené au second but suisse de Frei. Mais Lee Ho ne saurait endosser seul la responsabilité de cet épisode. Ces Jeux Asiatiques pourraient ainsi se muer en rédemption pour ce joueur qui n’a pas encore fini de faire parler de lui.


Oh Jang-eun, la révélation

Oh Jang-eun est la découverte du championnat cette saison, mais ce joueur de 21 ans est depuis longtemps dans le circuit. Tout juste sorti du collège à 16 ans, Oh décide de bouder le système éducatif sud-coréen et part tenter sa chance au Japon, où le FC Tokyo se fait une joie de l’incorporer dans ses équipes de jeunes. Après une saison chez les moins de 18 ans, le milieu de terrain fait ses débuts en première division japonaise en 2001, mais ne jouera finalement que trois matches. Il restera dans la capitale nippone jusqu’en 2004 et ne verra son temps de jeu que trop peu s’accroître. Entre temps, il se fait une place chez les Espoirs de la Corée du Sud, sa première sélection remontant à un clásico coréano-japonais en mars 2004. Il fera ensuite parti de la génération championne d’Asie Juniors la même année, et jouera la Coupe du Monde U-20 aux Pays-Bas en 2005, aux côtés de Baek Ji-hoon et Park Chu-young. C’est aussi en 2005 qu’il se résoud à faire son retour dans la péninsule. Jang-eun s’engage alors avec le Daegu FC, une équipe de milieu de tableau dans le championnat sud-coréen, mais idéale pour laisser exploser son talent. Sa seconde saison en K-League sera déterminante. Véritable roc en milieu de terrain, Oh Jang-eun montre déjà les qualités pour devenir un excellent milieu défensif. Taillé dans le même bois que Kim Nam-il, Oh possède une très bonne vision du jeu, aussi bien volontaire dans les tâches défensives que magistral chef d’orchestre dans la construction offensive. Il s’est aussi fait une spécialité de marquer des buts décisifs. Son coup du chapeau contre le Chonbuk Hyundai, vainqueur de la Ligue des Champions asiatique, témoigne de son habileté devant les buts, et sa régularité est sensationnelle. A tel point que Jang-eun a été appelé en équipe nationale A cette année. Ses prouesses cachent aussi un terrible secret qui les rend encore plus admirables : Oh a été amputé de deux orteils au pied gauche, une infirmité causée par la chute d’une brique et qui remonte à son enfance. Oh Jang-eun est un modèle de bravoure, et au Qatar, il a très envie de montrer à tous que l’on a tort d’appeler un pied carré un pied coréen.


Lee Jong-min, l’autre Seol

Pour Lee Jong-min, tout a commencé en 2002. Alors que ses aînés s’envolaient vers les demi-finales de la Coupe du Monde, lui faisait ses gammes au Suwon Samsung. Très rapidement intégré dans la sélection des Espoirs de la Corée du Sud, ce polyvalent milieu de terrain n’a jamais eu la chance de s’exprimer chez les Bluewings. En 2004, il ne jouera que cinq matches pleins à Suwon. Alors l’année suivante, il décide de mettre son talent au service du Ulsan Hyundai. Un challenge audacieux, mais payant, parce qu’il jouera 35 matches cette saison et marquera ses cinq premiers buts dans le championnat sud-coréen. Au final, il sera même sacré champion de K-League à 22 ans. Cette année, il n’a pas eu le même impact que la saison précédente, mais il a montré que l’on pouvait se fier à lui pour animer le couloir droit, dont il est le maître incontesté à Ulsan. Bon défensivement, il préfère axer son jeu sur l’attaque et distribue d’excellents centres. Dôté d’une force de percussion sur l’aile, il ressemble beaucoup à Seol Ki-hyeon, qui fait actuellement les délices de la Premiership à Reading. La même explosivité anime les deux hommes, bien que Lee Jong-min soit beaucoup plus petit (1m75), et infiniment moins expérimenté. A 23 ans, Lee disputera son premier grand tournoi en Asie.


Yeom Ki-hoon, l’homme courage

Yeom Ki-hoon revient de loin. Il aurait pu tout laisser tomber après son accident de voiture qui faillit lui coûter la vie. Professionnel depuis cette année, Ki-hoon essaie aujourd’hui d’oublier qu’il a frôlé la mort il y a quelques mois. La plupart du temps, il tente de cacher ses stigmates derrière un grand sourire, presque gêné. Deux mois au service des brûlés d’un hôpital sud-coréen lui ont été nécessaires pour se remettre sur pied. Deux mois de torture morale durant lesquels Yeom n’avait aucune idée de son avenir. C’est avec une volonté farouche qu’il a décidé de se raccrocher au football. Yeom présente encore plusieurs cicatrices aux bras, dans le dos, sur le front et les tempes, qui lui rappellent ce qu’il a dû endurer, mais cette épreuve est désormais loin derrière lui. Après avoir déserté les terrains jusqu’en septembre, il retrouve peu à peu ses automatismes au Chonbuk Hyundai et élève son niveau de jeu à chaque rencontre. Chonbuk a réalisé une des pires saisons de son existence en K-League, mais s’est offert une véritable bouffée d’oxygène en Ligue des Champions. Après un parcours digne d’un conte de fées, les Motors ont remporté le trophée continental, et doivent une fière chandelle à leur grand ailier de 23 ans. Yeom Ki-hoon a délivré son équipe en quart de finale en débloquant le compteur contre Shanghaï. Ce jeune gaucher, qui partage une complicité sur le terrain et à la ville avec le talentueux milieu de terrain Kim Hyeung-bum, a même eu le droit de revêtir la tunique des Guerriers Taeguk cette année. En dehors du gazon, il porte en permanence ce sourire de gamin qui force l’attachement. Yeom Ki-hoon est décidé à aller loin, et les Jeux Asiatiques de Doha sont peut-être le tremplin vers une grande carrière. Parce que Yeom a dû faire un choix entre le Championnat du Monde des clubs au Japon avec Chonbuk et représenter son pays. En bon patriote, il a choisi de défendre les couleurs de la péninsule, mais le jeu en vaut la chandelle : dans l’hypothèse où la Corée du Sud remporterait la médaille d’or, les joueurs seraient exemptés de service militaire. Comme beaucoup, il aspire à jouer en Europe. Yeom est décidément un grand rêveur, mais sa bonne étoile risque de le bercer pour encore un bon moment.


Baek Ji-hoon, l’âme d’un meneur

Beaucoup se sont trompés sur le compte de Baek Ji-hoon, mais personne n’a jamais vraiment douté que ce joueur de 21 ans possède incontestablement une âme de chef. Enfant, il rêvait de devenir gardien de but. Mais sa petite taille (1m74) l’en a rapidement disuadé. Alors Baek décide de louer ses services dans l’entrejeu. En 2003, il s’engage à Chunnam, mais il y fait plus souvent banquette que les beaux jours des Dragons. En 2005, il se lie avec le FC Séoul. Les supporters séoulites apprécient ses qualités de milieu défensif qui vont le mener jusqu’au capitanat des Espoirs de la Corée du Sud lors du Championnat du Monde Juniors, Pays-Bas 2005. C’est paradoxalement en Europe que Baek se fait connaître du plus grand nombre. Son but victorieux contre le Nigéria, alors futur finaliste de la compétition, le propulse sous les feux des projecteurs. Tout s’enchaîne ensuite naturellement pour lui. Il est convoqué pour la première fois en équipe nationale A en août 2005, contre l’Arabie Saoudite (0-1). La Corée du Sud perd, mais lui gagne le coeur des fans. Principalement, celui de Cha Bum-keun, légende du football coréen mais surtout entraîneur du Suwon Samsung. Il est alors l’un des seuls à avoir compris la vocation offensive de Baek. Au mercato estival, Cha s’attache ses services et lui trouve rapidement une place de titulaire dans son onze. Dès lors, Ji-hoon explose sous le maillot des Bluewings. Les extraordinaires performances se succédant aux buts invraisemblables, Baek est aujourd’hui l’un des plus grands espoirs du championnat sud-coréen. Sa vivacité et son endurance séduisent tout le monde, et s’il n’a pas réalisé son rêve cet été - affronter Zinédine Zidane, son idôle, à la Coupe du Monde en Allemagne - lui-même égalera peut-être un jour le "Maestro" français.


Jung Jo-gook, l’idôle des jeunes

Perçu par beaucoup comme le plus grand espoir offensif de la Corée du Sud, Jung Jo-gook incarne la nouvelle génération d’attaquants sud-coréens. Grand et puissant, son agilité face aux buts en fait un atout de choix pour la Corée du Sud. Son coeur, séoulite depuis toujours, est lié au club de la capitale sud-coréenne, où il a fait ses débuts professionnels en 2003. Agé seulement de 19 ans, il donnait déjà des ailes aux Anyang LG Cheetahs en marquant 12 buts dès sa première saison. Sa régularité a fait de lui un pion essentiel du FC Séoul. Evoluant en pointe aux côtés de Kim Eun-jung, sa finition n’a pas d’égal chez les joueurs de son âge. Véritable renard des surfaces, Jung exploitera le moindre ballon qui lui tombera sous le pied et jouera de son physique pour battre ses gardes du corps. Il fréquentait depuis longtemps les équipes Espoirs de la Corée du Sud mais malgré quelques convocations chez les séniors, il a souvent été oublié. Lorsque la paire néerlandaise Advocaat-Verbeek a débarqué à Séoul, les deux comparses n’ont pas hésité avant d’appeler Jung à rejoindre les stages de la sélection à Paju. Depuis que Pim Verbeek a pris les rênes de l’équipe, au lendemain de la Coupe du Monde en Allemagne, Jung fait régulièrement parti du onze coréen et l’attaquant de 22 ans a prouvé sa valeur à maintes reprises, marquant notamment un triplé contre Taïwan lors des éliminatoires de la Coupe d’Asie 2007. Jung Jo-gook est un compétiteur acharné. Et la médaille d’or à Doha est la plus belle récompense dont il puisse rêver.


Park Chu-young, le génie incompris

Que dire de plus sur Park Chu-young ? Ce jeune attaquant de 21 ans est devenu nationalement connu en l’espace de quelques mois. Remarqué pour la première fois en finale du Championnat d’Asie Juniors 2004, où il marque deux buts splendides lors de la victoire contre la Chine à Kuala Lumpur, il va rapidement gagner en popularité avant d’être jeté en patûre à la presse du pays qui va l’élever au rang de star. Dès lors, les supporters vont voir en lui le buteur né qu’ils attendaient tant. Elu meilleur joueur de la compétition, il est récompensé la même année par la Confédération Asiatique de football qui lui décerne le titre de jeune joueur de l’année. Sa réputation grandissante sera amplifiée par ses invraisemblables prouesses lors d’un tournoi international amical de huit équipes, organisé au Qatar en janvier 2005. Park enchaîne alors les buts avec une facilité presque injurieuse vis-à-vis de ses adversaires. Un doublé face à la Chine, un triplé contre l’Ukraine, suivi de deux buts contre l’Algérie, et de deux autres en finale face au Japon. Couru par les médias, pressé par les propositions des clubs professionnels de Corée du Sud, il signe en mars 2005 pour le FC Séoul. Il inscrit le premier but de sa carrière professionnelle face à Seongnam, puis en marque quatre autres en quatre matches et enchaîne avec son premier coup du chapeau en K-League face à Gwangju. Autant d’arguments qui ne laissent aucune chance à Jo Bonfrere, sélectionneur de l’époque, de l’ignorer. En juin 2005, Park est appelé à honorer sa première sélection contre l’Ouzbékistan. La Corée du Sud, alors menée 1-0 à Tashkent, se trouve un héros de circonstance. Il égalise à quelques secondes d’une défaite qui aurait porté un coup fatal aux espoirs mondialistes de son pays. Cinq jours plus tard, il marque le premier but face au Koweït, ouvrant la voie d’une victoire 4-0 à son équipe, qui composte ainsi son billet pour Allemagne 2006. Le même mois, Park met le cap sur les Pays-Bas avec les Espoirs sud-coréens dans le cadre du Championnat du Monde Juniors de la FIFA. Malgré l’échec de cette campagne européenne, il n’en a pas moins marqué les esprits en marquant un but magnifique sur coup franc face au Nigéria, futur finaliste. De retour dans le championnat sud-coréen, il ne faut pas longtemps avant qu’il ne fasse parler la poudre. Le 10 juillet, il fête ses 20 ans avec panache en inscrivant un triplé et, à la fin de sa première saison professionnelle, Park Chu-Young affiche déjà un total de 18 buts. Meilleur espoir en 2005, la saison suivante prendra une toute autre tournure. Fatigué par tant de battage médiatique, mais surtout mis en difficulté à Séoul par la concurrence de Jung Jo-gook, il connaît son premier coup de frein. Sélectionné par Dick Advocaat pour la Coupe du Monde en Allemagne, il ne disputera qu’un match contre la Suisse, sans impressionner. La réalité commence à l’emporter doucement sur l’utopie et Pim Verbeek, nouveau sélectionneur, déserte le camp du "génie du football". Mais loin de le mépriser, l’entraîneur néerlandais ne cache pas que l’attaquant fait parti de ses plans d’avenir et l’a ainsi appelé à représenter son pays à Doha, persuadé d’un retour en forme du joueur. Verbeek a vu juste. Park fait à nouveau parler de lui. Après plusieurs réalisations en championnat, il a récemment marqué un but contre le Japon avec la sélection olympique. L’histoire se répète...


La sélection sud-coréenne pour les Jeux Asiatiques de Doha 2006 :

Gardiens : KIM Young-kwang (Chunnam Dragons), JUNG Sung-ryeong (Pohang Steelers)

Défenseurs : CHO Yong-hyung (Jeju United), CHO Won-hee (Suwon Samsung), JUNG In-hwan (Chonbuk Hyundai), KIM Chi-gon (FC Séoul), KIM Chi-woo (Incheon United), KIM Dong-jin (Zénith Saint-Pétersbourg/RUS), KIM Jin-kyu (Jubilo Iwata/JPN)

Milieux : BAEK Ji-hoon (Suwon Samsung), KIM Do-heon (Seongnam Ilhwa), LEE Ho (Zénith Saint-Pétersbourg/RUS), OH Bum-seok (Pohang Steelers), OH Jang-eun (Daegu FC)

Attaquants : CHOI Sung-kuk (Ulsan Hyundai), JUNG Jo-gook (FC Séoul), KIM Dong-hyun (Rubin Kazan/RUS), LEE Chun-soo (Ulsan Hyundai), LEE Jong-min (Ulsan Hyundai), PARK Chu-young (FC Séoul), YEOM Ki-hoon (Chonbuk Hyundai)

Le programme de la Corée du Sud aux Jeux Asiatiques de Doha

Mardi 28 novembre 2006 à 15h15 (heure française) : République de Corée - Bangladesh
Samedi 2 décembre 2006 à 15h15 (HF) : Vietnam - République de Corée
Mercredi 5 décembre 2006 à 17h45 (HF) : République de Corée - Bahreïn


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