
- Park Chu-young, meilleur espoir asiatique 2004
Le 3 juin dernier, Park Chu-young célébrait sa toute première sélection en A contre l’Ouzbékistan. Du haut de ses 19 ans, le Meilleur Espoir Asiatique 2004 allait offrir l’égalisation à son pays dans les dernières secondes du match. Avant de rejoindre Amsterdam et le Championnat du Monde Juniors de la FIFA, le jeune prodige coréen a accepté d’accorder une interview exceptionnelle à FIFA.com.
"Je vais faire tout mon possible pour répondre aux attentes de mon équipe et des supporters, commence-t-il d’un ton solennel. J’ai eu l’honneur de faire mes débuts en K-League avec le FC Séoul, une expérience que je souhaite mettre à profit durant ce Championnat du Monde Juniors de la FIFA. J’espère que nous serons soutenus par les supporters, car ils représentent pour nous une grande source de force."
Park Chu-young est un garçon intelligent. Ses professeurs le savaient, ses parents en étaient convaincus, mais personne ne le sentait mieux que lui-même.
Il y a sept ans, alors qu’il n’est âgé que de 12 ans, un professeur du collège de Chunggu, à Daegu, admoneste le jeune élève : "Chu-young, avec un QI de 150, comment peut-on vouloir devenir un sportif de haut niveau ?"
Ses parents avaient, dans un premier temps, partagé la même opinion. Comme dans bon nombre de familles coréennes, ils espéraient que leur fils ferait de grandes et brillantes études. Mais Si Duck Joon, le professeur de football de l’école primaire de Banyawal, parvient à leur faire changer d’avis.
"En CM1, dans le cadre d’une compétition sportive inter-écoles, j’ai joué un match de foot, se souvient Park. J’ai marqué trois buts. Après le match, l’entraîneur de l’école m’a demandé d’intégrer l’équipe. On a refusé au début, mais il a tant insisté qu’on a fini par céder. C’est comme ça que ma carrière de footballeur a démarré."
Un vrai Guerrier Taeguk
Dès lors, Park progresse de manière fulgurante. Tout en continuant de bien travailler à l’école, il continue d’attirer l’attention de tous par ses performances sur le terrain de Daegu : les professeurs, les entraîneurs et, bien entendu, les recruteurs, peuvent voir ce jeune prodige donner des leçons de football à des garçons bien plus âgés que lui.
S’il doutait encore de son désir de devenir footballeur, la formidable épopée de la sélection sud-coréenne lors de la Coupe du Monde de la FIFA, Corée/Japon 2002, allait le persuader. Comme tous ses compatriotes, Park, alors lycéen, se pare de rouge et devient un vrai Devil tout au long de cette compétition inoubliable. "C’est l’un de mes meilleurs souvenirs, déclare-t-il en souriant. Avec mes coéquipiers du lycée, on était comme fous !"
Mais bientôt, Park va lui aussi devenir un Taeguk Warrior. Il est en effet sélectionné pour porter le maillot de son pays lors du Championnat Juniors de l’AFC, qualificatif pour le Championnat du Monde Juniors de la FIFA.
En Malaisie, le jeune attaquant, qui ne mesure alors pas encore tout à fait son 1,82 m actuel, perfore les défenses adverses. Marquant à six reprises (dont les deux buts décisifs contre la Chine en finale) et affichant un jeu très complet, il domine largement les débats, remportant simultanément les titres de Meilleur Joueur et de Soulier d’Or. A la fin de l’année 2004, il est logiquement élu Meilleur Espoir Asiatique.
Ses parents et son ancien professeur peuvent être fiers, d’autant que le staff technique de l’équipe nationale, en quête d’un grand buteur, ne cache plus son intérêt pour Park. Dans l’équipe de Korea University, sa maîtrise technique, ses dribbles et son instinct de buteur s’affinent encore. Au début de l’année 2005, ses deux pieds font une nouvelle fois parler la poudre, cette fois-ci au Qatar : à l’occasion d’un tournoi international U-21, la Coupe de l’Amitié, il fait trembler les filets adverses à neuf reprises.
L’emblème de la Corée

- Park Chu-young, incroyable buteur de génie
Les projecteurs se dirigent alors naturellement vers ce petit génie du ballon rond. Choisi pour représenter l’esprit dynamique de la Corée lors d’une campagne publicitaire, il voit plusieurs clubs de la K-League frapper à sa porte. Mais conscient de ses qualités et confiant en son avenir, Park exige de son futur club qu’il ne s’oppose pas à un éventuel départ pour le Vieux Continent.
"Mon rêve serait de jouer dans le championnat anglais. La K-League me permet actuellement de me préparer pour un championnat européen, révèle-t-il, avant de prophétiser : mon rêve va bientôt se réaliser !"
Après avoir pris du poids pour répondre aux exigences des matches professionnels, Park marque dès son premier match sous les couleurs du FC Séoul, en mars.
"La K-League n’a rien de facile. Chaque équipe a son propre style et sa propre stratégie. Certaines sont fortes en défense, d’autres misent plutôt sur l’attaque. Pour n’importe quel joueur étranger, la K-League représente un environnement particulier qui nécessite un certain temps d’adaptation."
Mais Park, lui, s’adapte vite et fait pleurer les défenseurs adverses : un but par-ci, un doublé par-là et même un coup du chapeau peu de temps avant son départ...La presse sud-coréenne ne manque pas de superlatifs pour qualifier ce jeune prodige.
Célébrations divines
Park Chu-young est croyant depuis de nombreuses années, ce qui lui a donné foi en ses capacités. Peut-être inspiré par son année passée au Brésil, il accorde aujourd’hui plus d’attention à la manière de célébrer ses buts. A chaque nouvelle réalisation, le rituel se fait toujours plus frappant. Cette habitude, ajoutée à son style de jeu divin, lui ont valu le surnom flatteur de "Roberto Baggio asiatique".
"Le football me permet d’exprimer ma gratitude envers Dieu pour m’avoir donné un si grand talent ; c’est pourquoi je ne compte pas changer mes habitudes, se confie-t-il. Si je joue au football, c’est avant tout pour prêcher l’Evangile. Je serai le plus heureux des hommes si je pouvais amener ne serait-ce qu’une seule personne à s’intéresser au Christianisme."
Devant une telle ferveur populaire et médiatique, l’entraîneur de la sélection nationale, Jo Bonfrere, ne peut que s’intéresser à ce phénomène. Au risque d’écourter sa préparation pour le Championnat du Monde Juniors de la FIFA, le Néerlandais appelle donc Park Chu-young dans son groupe de 22, pour deux rencontres décisives de la compétition préliminaire pour la Coupe du Monde de la FIFA 2006, contre l’Ouzbékistan et l’Arabie Saoudite. Pour sa première titularisation en équipe première, Park répond aux prières des Coréens en inscrivant le but égalisateur, à quelques secondes du coup de sifflet final.
"Je mentirais si je disais que je ne ressens pas la pression, déclare l’attaquant du FC Séoul. Mais je connais un peu mieux le monde du football professionnel, et ça me donne davantage confiance en moi. Si les matches de qualification pour la Coupe du Monde me permettent de progresser, alors cela ne peut que servir à l’équipe Juniors."
Dans le Groupe F, la Corée du Sud devra affrontera les tenants du titre et éternels favoris, le Brésil, mais aussi le Nigeria et la Suisse. Un premier cap très difficile à franchir pour Park et ses coéquipiers.
"Le premier match (contre la Suisse) sera crucial. Nous allons tout faire pour le gagner et, pour être honnête, je pense que nous avons de bonnes chances d’y parvenir. Nous avons rencontré deux fois le Brésil l’année dernière, et nous connaissons parfaitement leurs qualités. Le Nigeria est également une équipe redoutable. Je n’en ai malheureusement pas la possibilité moi-même, mais si l’on veut passer ce tour, le reste de l’équipe doit vraiment bien se préparer. Une place dans le dernier carré serait formidable, car nous égalerions ainsi la performance réalisée en 1984 par nos aînés, au Mexique."
Concernant ses objectifs personnels, Park se montre en revanche réservé. Très mature, il voit dans ce tournoi l’occasion de s’enrichir et de progresser au contact de styles de jeu différents.
"Pour tout dire, je n’ai pas encore d’objectif spécifique, même si je veux bien sûr marquer le plus de buts possible, annonce-t-il clairement. Je pense que mon physique me donne un avantage par rapport à d’autres footballeurs, mais je dois encore progresser dans ma manière de préparer les matchs et d’analyser des défenses adverses. Je souhaite aussi améliorer mes coups francs."
Grand admirateur de Zinédine Zidane et de Thierry Henry, Park déclare cependant que sa seule source d’inspiration lui vient d’En Haut. "En tant que disciple de Jésus, j’aimerais prêcher et louer le Seigneur toute ma vie, déclare-t-il. Lorsque l’heure de ma retraite sera venue, j’entamerai mon œuvre de missionnaire, tout en enseignant et en pratiquant le football."
Park écrit toujours ’Jésus est le Christ’ en marge de ses autographes. Mais si sa notoriété continue de grandir, cette longue signature constituera alors pour lui une véritable preuve de sa dévotion...

Source : FIFA.com
Source photo : Yonhap News






